Dissert de Philo : Avons-nous tous les droits sur la vie ?
Bon j’avoue, personne dans la classe ne s’est particulièrement foulé sur ce dernier devoir (dernier avant le BAC), à vrai dire on est même 2 ou 3 à nous être mis à rédiger la dissert’ le matin-même pour la rendre à 13h avec les autres, soit ~1h30 de travail… Quelle conscience professionnelle
Bref, je poste ici mon “oeuvre” qui m’a tout de même valu un 18/20 (le genre de note assez rare en philo pour mériter une ligne d’autosatisfaction) … en espérant que le texte fasse réfléchir un jour quelqu’un, quelquepart… ou que cela aide tout lycéen plus paresseux que moi qui tomberait sur le même sujet
D’après la NASA, doit être considéré comme vivant “tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s’auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants à partir d’énergie et/ou à partir d’éléments extérieurs” (source). Dans ce devoir, nous considèrerons le droit comme le fait de disposer d’une prérogative, de posséder la capacité d’agir ou de contraindre. Ainsi, nous répondrons à la question posée en montrant tout d’abord que cette capacité d’action dont dispose l’homme de science sur la Vie apparaît comme sans limites, puis nous nuancerons ces propos en étudiant dans une seconde partie de notre développement les restrictions qui nous sont imposées par certaines composantes de la Société, qu’il s’agisse de la religion ou bien de la politique ; enfin, nous nous intéresserons à la bioéthique, domaine d’étude relativement récent, qui se donne pour objectif de mener une réflexion sur les limites qu’il convient d’imposerà nos semblables au regard de leur capacité à “jouer avec la Vie”. L’enjeu consiste ici à prendre conscience de nos responsabilités envers le monde du vivant et des effets de nos actions sur son évolution.
L’Homme dispose d’une capacité d’action sans réelles limites sur la Vie lorsqu’il agit dans le cadre de la Science et, plus généralement, de la Technique. En effet, et nous le montrerons ci-après, ces capacités s’étendent sur l’entièreté du cycle d’un être vivant, c’est-à dire de sa naissance à sa mort. Il est tout d’abord possible au scientifique de faciliter le processus de transmission de la Vie, grâce aux techniques récemment découvertes d’Aide à la Procréation, telles que la Fécondation In Vitro (FIV), avec un éventuel Transfert d’Embryon (FIVETE). Une fois l’embryon nidé, il est ensuite possible au scientifique d’intervenir sur les constituantes les plus primaires de celui-ci, en particulier sur le code génétique contenu dans les molécules d’ADN. De telles interventions, au sein même de la vie, ont pour objectif de détecter et éventuellement “réparer” certaines mutations dont les répercussions sur le développement de l’individu concerné seraient d’une trop grande gravité… Par ailleurs, le scientifique est capable de prolonger la vie, grâce à l’application de soins, donc à l’intervention de la Médecine, domaine que l’Homme a largement soumis à la recherche, et ce depuis des millénaires. Enfin, il est désormais envisageable de suspendre la vie, par exemple au moyen des techniques de mise en coma artificiel (lors de certaines opérations chirurgicales particulièrement lourdes), voire avec la cryogénisation.
Cependant, si nous avons vu qu’existent des méthodes scientifiques ayant pour but de favoriser la vie, l’ampleur du sujet étudié doit nous porter à considérer le revers de la Technique, celle-ci pouvant en effet tout aussi bien servir à abréger la Vie, voire à la stopper. L’Homme s’est battu de tout temps, et l’avènement des sciences a permis aux chercheurs de découvrir et d’inventer des mécanismes de plus en plus efficaces, dont les objectifs comprennent “l’éradication de l’ennemi” : du lance-pierres à la bombe atomique à hydrogène, en passant par l’étude des poisons et gaz, l’Homme maîtrise désormais non pas la connaissance de l’au-delà mais du moins les moyens de s’y transporter. Paradoxalement, c’est durant les périodes de guerre que la médecine progresse le plus, en partie grâce à l’assouplissement des protocoles de sécurité envers les “cobayes”. Nous pouvons à ce sujet citer l’exemple des monstrueuses expériences du professeur Gebhardt durant la seconde Guerre Mondiale (prélèvements d’os et de muscles sur des prisonniers, sans asepsie ni anesthésie), tout comme les tortures infligées aux soldats américains ou français lors des guerres du Vietnam ou d”Indochine, par de prétendus “médecins des peuples”.
Ces utilisations de la science au détriment de la Vie, dans des circonstances que tout-un-chacun peut et devrait considérer comme étant abusives, doivent nous inciter à réfléchir au sujet de nos droits sur le vivant, non plus en tant que capacités ou possibilités techniques mais plutôt en termes de permission, d’autorisation, de droit en tant que terme politique. Nous verrons cela dans la seconde partie de notre développement, avant de porter notre attention (conformément au plan de cette dissertation) sur la bioéthique.
Lorsqu’il agit hors du cadre scientifique, c’est-à dire lorsqu’il évolue dans la Société, l’Homme est soumis à un certain nombre de principes qui restreignent ses droits sur la Vie. Doit être citée tout d’abord l’influence de la religion sur les moeurs des êtres humains : la plupart des religions existantes, notamment celles dites “Révélées” prônent un respect de la Vie, qui est décrite comme une création divine qu’il serait sacrilège de profaner. Cet aspect spirituel des lois de la Société ne doit en aucun cas être négligé, car la religion fait souvent partie intégrante de l’éducation d’un enfant, quelle guide (ou non) par ses valeurs morales et principes pacificateurs (ou non). Au-delà des grands principes de ces religions, tels que “Tu ne tueras point” (Christianisme) prennent effet les dispositions prises par les hommes eux-mêmes, au travers des lois qui régissent droits et devoirs de chacun et punissent les abus. C’est ainsi que le Droit français proscrit les expérimentations médicales sur l’être humain (sauf à certaines conditions strictes dont l’aval de la personne sujet de ces expériences n’est pas la moindre clause) et que la règlementation concernant les manipulations scientifiques à l’encontre de l’animal s’est considérablement durcie au cours des quelques dernières décennies, pour le plus frand bonhuer des animaux de compagnie de ces “hommes de sciences” ; on citera à cet effet l’exemple de Nicolas Paulesco, qui en 1921 effectuait des pancréasectomies sur ses chiens afin d’étudier la vitesse de déclin de leur système régulateur de glycémie…
Ainsi, si le scientifique possède la capacité d’intervenir sur le vivant, il est contraint, ainsi que tout être humain, au respect de la Vie et à sa protection. Mais alors, comment décider de ce qui peut être fait ? Comment établir la distinction entre ce qui doit et ce qui ne doit pas être autorisé en matière d’action sur la vie ? Enfin, qui peut se targuer de connaître l’entièreté des conséquences d’une intervention sur le vivant, et par-là même, à qui pouvons-nous faire confiance pour établir de telles règles, de telles restrictions à l’encontre de ces personnes, dont plus d’une sacrifierait sans nul doute “tout” sur l’Autel de la Science ?
Au cours des dernières décennies, l’Homme a peu à peu pris conscience de sa responsabilité envers le monde du vivant. Au-delà des actions-choc, souvent médiatisées, de certains organismes écologistes tels GreenPeace, ont été mises en place certaines “philosophies” telles que celle induite par le “principe de responsabilité” (énoncé par Hans Jonas dans les années 1980), et le XXème siècle a vu l’avènement d’un domaine nouveau : la bioéthique, qui se donne pour rôle de s’interroger sur les problèmes posés par le Vivant et leur prise en compte dans les textes législatifs sur lesquels se fonde la société actuelle. De tels problèmes sont ainsi soumis à certains comités, constitués d’hommes de science (biologistes de renom, mais aussi “philosophes éclairés”) et d’hommes politiques se donnant pour objectif de préserver la Vie en imposant à l’humanité la prudence, alors même que la technologie devient à l’aube du XXIème siècle si puissante qu’elle n’est pas sans échapper au contrôle de ses utilisateurs sous bien des aspects. Les premières “règles de bioéthique” furent ainsi mises en place durant le procès de Nuremberg qui jugea l’horreur des expérimentations nazies (kaninchen, expériences sur les jumeaux, …) et énonça le “Code de Nuremberg” (août 1947). Depuis cette date, les comités de bioéthique ont proposé plusieurs lois, telles que celles qui régissent les dons d’organes (anonymes, non rémunérés…) ou bien interdisant le clonage.
Malgré tout, certaines questions demeurent sans réponses claires, comme les manipulations génétiques visant à modifier le vivant à grande échelle (domaine des Organismes Génétiquement Modifiés - OGM, qui posent un problème d’autant plus insoluble que la fenêtre temporelle d’appréciation des effets de leur consommation par d’autres êtres vivants est supérieure à la date des premiers tests cliniques “fiables” effectués…
En conclusion, nous pouvons considérer que l’Homme dispose à l’heure actuelle d’un immense pouvoir technologique sur le monde du vivant, pouvoir technologique qui peuit sans peine être utilisé pour faire le “bien” comme pour nuire à la Vie. La Société a donc tenté, au cours des siècles, de résoudre ces problèmes manichéens en mettant en place des principes moraux qui garantissent les droits de tout organisme vivant, néanmoins le développement rapide de la technologie a permis de mettre au jour certaines zones d’ombre dans les législations, qui doivent donc conduire l’Homme à réfléchir sur ses actes, ainsi qu’à leurs conséquences sur le monde. Tel est l’objectif visé par les comités de bioéthique, mais comme la fiabilité de certains de ces organismes peut être remise en question (immiscion de personnalités pro-OGM par exemple), nous ne pouvons que conclure cette réflexion sur une citation d’Antoine de Saint-Exupéry :
Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous.
Accueil
A propos de ce blog
Contact


“On est loin du 20 quand même!” in Mr Genin, sa vie son oeuvre